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Discours d'ouverture du 7eme congrès national de la sécurité privée

Discours d’ouverture du 7e congrès, prononcé par Abdelhamid Faddeoui, président du GES

Monsieur le Président du CNAPS,

Monsieur le Directeur de la DPSA,

Messieurs les Préfets, Monsieur le Secrétaire général du CNAPS, exerçant les fonctions de Directeur par intérim,

Monsieur le Vice-président du MEDEF national,

Madame la Vice-présidente de la Région,

Monsieur le Premier Vice-président et Maire de Capd’Ail,

Mesdames et Messieurs les présidents,

Chers adhérents,

Chers partenaires,

Chères consœurs,

Chers confrères,

Mesdames et Messieurs,

Bienvenue à Cap-d’Ail pour ce 7ᵉ Congrès national de la sécurité privée.

Si ce Congrès doit être différent, c’est parce que le moment est différent. Nous arrivons à un moment où l’ajustement ne suffit plus. Il ne s’agit plus de corriger ce qui existe, mais de choisir ce que nous voulons devenir.

Chaque cycle comporte un point de bascule.

Nous y sommes : économique, réglementaire, technologique, institutionnel.

Un diagnostic désormais incontestable.

Le rapport IGA–CGEFI a confirmé ce que les entreprises disent depuis des années :

  • un secteur où les salaires représentent jusqu’à 90 % des coûts,
  • des marges faibles,
  • une trésorerie fragile,
  • des prestations encore trop souvent considérées comme un simple coût,
  • un rapport de force défavorable dans une partie des marchés.

Ce diagnostic est désormais officiel. Mais il manque l’essentiel : les arbitrages.

Car pendant que les rapports s’accumulent, nos entreprises absorbent :

  • les hausses salariales,
  • les besoins de recrutement,
  • les obligations réglementaires,
  • les incertitudes doctrinales,
  • et une transformation technologique qui n’est plus une perspective : elle est là.

Une transformation technologique impose un changement de modèle.

L’intelligence artificielle n’est plus un concept : elle est dans les outils de détection, d’analyse, de supervision.

La robotisation n’est plus un prototype : elle est testée sur le terrain. Les drones et la lutte antidrones ne sont plus une idée : ils sont désormais dans la loi.

La vidéoprotection n’est plus un système isolé : elle devient un outil intégré dans la surveillance humaine.

Les transformations ne sont jamais des suppléments : elles changent la nature même de ce que nous faisons, de ce que nous portons, de ce que nous représentons.

Il faut savoir les anticiper plutôt que les subir.

Et pourtant, le cadre réglementaire reste construit comme si rien n’avait changé.

Des incohérences réglementaires freinent la profession. Je veux citer deux exemples très simples, très concrets.

La vidéoprotection. Cartes, spécialités, formations : tout s’empile, tout se rigidifie, tout se contredit. Résultat : insécurité juridique, coûts supplémentaires, et aucun bénéfice opérationnel démontré.

La sécurité incendie. Les frontières entre Livre VI, exclusivité et activités connexes restent floues.

La poly activité, utile, faisable, économiquement viable, reste refusée pour des raisons qui semblent administratives, pas opérationnelles.

Ces deux exemples disent la même chose : le cadre avance sujet par sujet, sans cohérence d’ensemble. Notre objectif n’est pas l’effet, mais la clarté des règles.

Le besoin d’un arbitrage national est désormais évident.

Aujourd’hui, quatre discours avancent sans jamais se rejoindre :

  • le continuum,
  • la confiance,
  • les exigences de séparation et de défiance,
  • les évolutions technologiques.

L’enjeu n’est pas la régulation, elle est indispensable.

L’enjeu, c’est l’absence d’une cohérence nationale qui aligne enfin ces principes.

Tant que ces discours avancent séparément, il n’y a pas de direction. Et sans direction, il n’y a pas de modèle. Un arbitrage national est désormais indispensable.

La question est simple : quel modèle de sécurité privée la France veutelle pour les dix prochaines années ? Nous ne demandons pas moins d’exigence. Nous demandons plus de cohérence.

Nous, professionnels de la filière, avons un enjeu stratégique : parler d’une seule voix.

Et j’ajoute ici un point essentiel, qui conditionnera notre capacité à peser dans les arbitrages futurs.

Nos métiers évoluent.

Nos technologies évoluent.

Nos responsabilités évoluent.

Mais nos organisations patronales restent fragmentées, héritières d’une histoire où chaque spécialité, chaque segment, chaque culture professionnelle avait sa structure, son identité, son périmètre.

Cette fragmentation n’est plus adaptée au monde qui vient.

Face à l’IA, aux drones, à la robotisation, aux nouvelles missions, aux exigences économiques et réglementaires, nous ne pouvons plus défendre l’avenir de la sécurité privée avec plusieurs voix parallèles.

Nous devons construire une représentation patronale plus unifiée, plus lisible, plus forte.

Non pas pour effacer les identités, mais pour additionner les forces.

Non pas pour uniformiser les métiers, mais pour porter ensemble les enjeux communs.

Non pas pour créer une structure de plus, mais pour donner du poids à la profession.

Parce que demain, face aux arbitrages de l’État, face aux transformations technologiques, face aux attentes des donneurs d’ordre, une seule voix pèsera davantage que plusieurs voix dispersées.

Une démarche n’est pas un slogan : c’est une méthode. Une discipline qui protège la cohérence, et la cohérence protège la crédibilité.

Ce Congrès doit aussi être un moment de lucidité : si nous voulons peser, nous devons nous rassembler.

Les JOP 2024 ont été une démonstration vite oubliée.

Les Jeux de Paris ont montré que le secteur pouvait répondre à un besoin exceptionnel lorsque l’État organise, lorsque les financements sont adaptés, lorsque les formations sont mobilisées, et lorsque les entreprises sont considérées comme des partenaires.

Cette démonstration a été partielle, mais elle a été réelle : la capacité de réponse dépend directement des conditions dans lesquelles on nous demande d’agir.

Et cette leçon a été très vite oubliée.

Ce Congrès doit produire des pistes d’arbitrage. Nous allons parler :

  • de la croissance en trompel’œil,
  • du coût réel de la réglementation,
  • du vrai coût d’une heure de sécurité,
  • des conditions économiques et technologiques indispensables à un repositionnement durable,
  • des JOP Alpes 2030,
  • de la robotisation,
  • de l’IA.

Notre secteur a des atouts. Il sait recruter, former, innover, répondre à de grands événements, travailler avec l’État.

Mais il ne pourra pas répondre durablement à des contraintes toujours plus fortes si les conditions économiques et réglementaires restent éloignées des impératifs de la profession.

Ce Congrès doit donc produire :

  • un diagnostic lucide,
  • des échanges concrets,
  • et des pistes d’arbitrage.

Ce que nous avons reconstruit doit être consolidé. La pérennité exige de la constance.

Après ce panorama, je veux donner la parole à ceux qui, par leur action, influencent directement le modèle que nous devons construire.

Je veux remercier tout particulièrement Stéphane Volant, Président du CNAPS, pour sa présence parmi nous. Cher Stéphane, tu bénéficies d’un peu plus de temps que prévu pour ton intervention !!!

Au fil des années, nous avons construit une relation d’amitié et de confiance qui donne à ton propos une portée particulière.

Le ministre Berger ne peut pas être parmi nous aujourd’hui, en raison d’un avis défavorable du Secrétariat général du Gouvernement dans le cadre des réserves liées aux sénatoriales. J’ai néanmoins reçu, le mardi 15 septembre 2026, son courrier lançant officiellement la concertation du Beauvau de la sécurité privée.

Prenons une minute et disons-le franchement… : si ce courrier était arrivé à la sortie du JOP 2024, j’aurais été un peu plus enthousiaste à l’idée que le projet aille au bout. Mais à six mois du premier tour de l’élection présidentielle, je n’ai pas beaucoup d’espoir que ce chantier survive au prochain gouvernement. La filière risque de rester au même point.

Il faudra peut-être prendre notre destin en main et construire notre propre réglementation : avec l’État à nos côtés, mais avec davantage d’autonomie qu’aujourd’hui.

Je souhaite également saluer la présence de Serge Boulanger, directeur de la DPSA. Cher Serge, nous avons travaillé ensemble à plusieurs reprises, et cette collaboration constante a fait naître une relation de confiance solide, nourrie par une amitié professionnelle durable. Ta présence à cette première table ronde incarne parfaitement l’esprit de responsabilité, de continuité et de cohérence que nous voulons porter au sein de la filière.

Vous avez, l’un comme l’autre, des choses à nous dire et nous serons attentifs.

Avant d’ouvrir nos travaux, je souhaite rendre hommage à Patrick Monchatre, ancien président de S3M Sécurité, dont nous avons appris le décès. Son départ nous touche.

Je vous souhaite à toutes et à tous un excellent Congrès 2026. Et je déclare officiellement ouvert le 7ᵉ Congrès national de la sécurité privée.