Madame la Ministre, Messieurs les Préfets, Mesdames les Directrices, Mesdames et Messieurs les Présidents, chères consœurs, chers confrères, chers amis,
Au nom du Conseil d’administration et de l’équipe permanente du GES, je vous adresse nos vœux les plus sincères pour cette année 2026. Des vœux de santé, bien sûr, mais aussi de stabilité, de visibilité et de confiance. Trois conditions essentielles pour nos entreprises, pour nos salariés, pour l’avenir de notre profession et pour notre pays.
Madame la Ministre, votre présence ce soir n’est pas qu’un geste symbolique. C’est un acte de considération, un acte de confiance et un acte politique. Et je veux le dire clairement : notre secteur en avait besoin, et il saura s’en montrer digne.
Nous ouvrons 2026 avec une certitude : notre secteur a gagné en maturité. Cette maturité nous engage à comprendre avant d’agir, à ajuster avant de décider et à ordonner avant de transformer. Nous avons démontré que nous pouvions avancer ensemble, avec un objectif clair : l’intérêt supérieur de la profession et, au-delà, la sécurité de nos concitoyens.
Mais cette maturité ne doit pas masquer la réalité. Notre secteur reste fragilisé : fragilisé par une économie sous tension, fragilisé par des marges qui s’érodent, fragilisé par des prix qui ne reflètent plus la réalité de nos missions. Soyons clairs : la sécurité privée ne peut plus être la variable d’ajustement de politiques budgétaires déconnectées du réel.
Nous avons fait notre part. Nous avons tenu nos engagements. Depuis trois ans, nous avons augmenté les salaires de plus de 20 %, pour seulement 11 % de revalorisation tarifaire. Et je le rappelle avec force : nous sommes un secteur à très forte intensité de main-d’œuvre. Chaque euro investi va directement aux femmes et aux hommes qui assurent la sécurité du pays. C’est l’un des rares secteurs où les salaires se sont réellement éloignés du SMIC. Mais nous ne pourrons pas continuer si les prix restent déconnectés des coûts réels.
Le lancement de la mission conjointe IGA–IGF va dans le bon sens. Nous avons d’ailleurs eu, juste avant ces vœux, un premier échange de travail avec l’Inspecteur général Cyrille Maillet, en présence des représentants de l’IGA et de l’IGF. Cet échange a posé les bases d’un diagnostic lucide et partagé. Et nous avons rappelé deux sujets qui doivent avancer avec pragmatisme, sans excès et sans idéologie.
La garantie financière est un outil de sérieux, un outil de stabilité, un outil de protection : pour les salariés, pour les clients, pour la continuité. La soustraitance doit rester encadrée, lisible et limitée. Non pas pour contraindre, mais pour garantir la qualité, la loyauté et la responsabilité. Les prix anormalement bas ne sont pas une fatalité : ils sont le résultat de choix, et ces choix affaiblissent tout le secteur.
Nous avons également rappelé l’objectif du Livre blanc publié il y a un an. Il pose les conditions économiques indispensables à toute évolution du périmètre des missions. Les pistes qu’il propose visent à anticiper les besoins futurs, pas à créer des urgences demain. Depuis un an, aucune réunion n’a été organisée. Voilà un silence difficile à comprendre. Nous sommes prêts à reprendre le travail, avec méthode, sérieux et loyauté.
Après plusieurs échanges avec les cabinets successifs, nous demandons aujourd’hui l’ouverture d’une réunion sur ces transferts. Mais avant d’élargir le périmètre, il faut d’abord consolider les missions existantes.
La sécurité incendie est aujourd’hui l’un des sujets les plus urgents : incohérences administratives, doubles standards, absence de carte professionnelle, règles d’exclusivité mal calibrées. Ces anomalies créent elles-mêmes les risques qu’elles prétendent prévenir.
Quant aux sujets émergents, il nous revient de les anticiper dès maintenant, avec méthode et lucidité. Ils redessinent déjà les contours de nos métiers : les caméras piétons, la vidéosurveillance algorithmique, l’inspection visuelle des coffres, les effectifs minima selon la typologie des sites. Nous ne voulons plus subir ces sujets : nous voulons les anticiper, les structurer, les encadrer.
Notre secteur est indispensable à la Nation. Avec mes confrères de la filière, je me bats pour que la sécurité privée soit reconnue comme ce qu’elle est réellement : un partenaire essentiel de la sécurité nationale. Nous ne concurrençons pas l’État. Nous ne revendiquons pas le régalien. Nous assumons nos missions pararégaliennes dans le respect strict des lois.
Dans un contexte de menace terroriste permanente, d’instabilité mondiale et de guerre en Europe, l’État a plus que jamais besoin d’un secteur solide, fiable et responsable. La sécurité privée n’est plus un acteur périphérique : elle est devenue un pilier de la sécurité nationale.
Nous sommes prêts. Nous sommes organisés. Nous sommes unis. Et nous serons à la hauteur.
En 2026, nous avons encore des combats à mener : la sécurité incendie, la fin des incohérences administratives, la responsabilisation des donneurs d’ordre, la préparation des sujets émergents. Nous les porterons avec lucidité, détermination et un sens aigu de nos responsabilités.
Je veux également saluer l’arrivée à la présidence du CNAPS de Stéphane Volant, un professionnel que nous connaissons bien, dont l’exigence et la rigueur serviront l’intérêt général. Son arrivée est un signal de stabilité, de continuité et de clarté pour notre secteur.
Madame la Ministre, Mesdames et Messieurs, chers amis, votre présence ce soir est un signe de confiance, mais aussi un signe d’unité. Nous formons une communauté professionnelle, mais aussi une communauté humaine. Nous partageons les mêmes responsabilités, les mêmes exigences, les mêmes inquiétudes parfois… et la même fierté, toujours.
Madame la Ministre, encore merci d’être parmi nous. Votre présence compte pour l’ensemble de la filière. Elle nous oblige collectivement à avancer.
Je vous remercie, et j’ai l’honneur de vous céder la parole.
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